Le Monde est mon Royaume...


Dylan Stark

Le premier opus de la série Dylan Stark paraît au début du mois d'avril 1967, avec cette présentation : "Dylan Stark est un jeune loup, révolté pour un oui ou pour un non, un idéaliste, un amoureux fou de la justice. Dylan Stark, c'est un grand défi à la face de l'aventure." Il constitue le N° 2 de la nouvelle collection Pocket, dirigée chez Marabout par Philippe Vandooren (par ailleurs rédacteur en chef de Spirou).

Cette collection lancée avec un porte-clés est baptisée Les Compagnons de l'aventure.

couverture

Dylan Stark est un anti-héros, métis cherokee et sudiste (natif de l’Arkansas, un 13 novembre comme son créateur. Ses aventures se succèdent sur quelques années, de 1864 à 1867, pendant et après la guerre de Sécession.

C’est dans le contexte brutal et grandiose (esclavage des noirs et son abolition, opposition des intérêts des planteurs du Sud à ceux des industriels du Nord et des nouveaux états de l’Ouest), que Dylan Stark, jeune loup, est révolté pour un oui et pour un non.

C’est un idéaliste, plus soucieux de traquer l’injustice que de restaurer la justice.

Plongé malgré lui dans le camp sudiste, il évolue dans les paysages troublés ou en ruine de l’après guerre où la paix reste précaire où il ressent toutes les violences d’un conflit mal éteint.

En pleine guerre de Sécession, il se rebelle contre son chef et refuse d'accomplir une mission suicide décidée par un gradé inconscient : il est sanctionné. A la fin du conflit, lorsqu'il rentre chez lui, ses parents ont été tués sur dénonciation, ses amis ont vieilli et souffert. Une seule chose a survécu, permanente et implacable : le racisme. (Dessin ci contre inédit de Serge Paquot)

Saccageant tout sur leur passage, les hors-la-loi règnent. Les troupes d'occupation du Nord ressentent un malaise, des hommes désertent. Dylan, le métis, va servir de tampon entre les deux communautés ennemies. Il connaît maintenant le nom des assassins de ses parents. Il est prêt à tout pour se venger, même à se faire enfermer dans un camp de détenus...

On le retrouve plus tard au milieu des troupeaux de chevaux menant une vie paisible... de courte durée, puisqu'il doit se battre contre les Indiens Cherokee, ses ancêtres.

Un très beau western, sans temps mort, d'une poignante humanité.

Les Romans

1 - Quatre hommes pour l’enfer (1 MP2-1967)

Résumé: En 1864, au cours de la Guerre de Sécession, le lieutenant Dylan Stark, enrôlé malgré lui dans les rangs sudistes, refuse de sacrifier ses hommes pour l'occupation dérisoire d'une colline brûlée. Pendant l'assaut , décidé "pour l'honneur", il déserte. Dégradé, menacé de mort, il est contraint d'accepter, avec trois compagnons, une mission suicide.

Extrait de la première page:

couverture

Droit devant, la vallée jaune de la Snake River éclatait de soleil. Juillet était là, bien présent, et il n'en finissait pas de le dire aux arbres, aux herbes, aux caillasses pâlies des collines. Sur toute la Géorgie, il y avait ce soleil tremblant et clair qui semait des lumières vives dans les plus maigres halliers.
C'était juillet 1864, en Géorgie.

Au bout de la vallée, à plus de deux cents yards, juste derrière le coude de la rivière, la ferme faisait une tache sombre. Les murs gris refusaient le soleil. Devant la porte, un boulet avait éclaté, creusant le sol et balafrant la maison d'une grande flamme de poudre noire. Le toit avait brûlé ; ne subsistaient que quelques poutres noircies s'élançant vers le ciel d'azur.

Pas un souffle. Rien que ce soleil d'été sur l'herbe de la vallée, sur les collines et le cours d'eau, qui pesait lourd et dru. Rien d'autre. Le silence.

Derrière la ferme, un petit bosquet éventré, brisé, tué par les boulets de bronze, s'étirait péniblement comme un blessé. Il grimpait encore sur une centaine de yards vers le sommet de la colline jaune. Comme pour fuir.
La colline !…

Elle n'était pas très haute, pas très importante, amicale. Avant, les enfants de la ferme avaient dû l'escalader maintes fois. Ils y avait joué, culbuté. La colline était leur amie, certainement… Les enfants ? Y avait-il jamais eu d'enfants, ici ? Etait-ce possible que ce tas de décombres, ces murs gris sans chapeau eussent jamais abrité des enfants ?

Dieu ! Ce silence…

Couché au bord du fleuve, dans les broussailles, le lieutenant Stark soupira, fermant les yeux. Aussitôt, le sommeil se fit lourd sur ses paupières, la fatigue pesa. Ses oreilles bourdonnaient… Se laisser aller, fuir le temps présent et l'horreur ! Dormir enfin ! Comme cela semblait facile : il n'y avait qu'a fermer les yeux, reposer sa tête au creux du bras et écouter crisser la terre… Laisser les petits bruits de la terre tuer ce silence.

Le lieutenant Stark releva le front, ses yeux brûlants aussitôt braqués sur la silhouette grise et éclatée de la ferme. Il soupira encore, se tourna sur un coude. Une crampe lui nouait la jambe.

Ses hommes étaient là, disséminés le long de la rivière sous le couvert des broussailles, blêmes, les traits tirés, grelottants, pour la plupart à demi fous de peur, de nervosité et de fatigue. Depuis combien de temps n'avaient-ils mangé décemment, coincés dans cette brousse, prisonniers alors qu'ils se croyaient assaillants ? Un jour, deux, trois ?…

Ils ne savaient plus vraiment. Ils ne savaient que la colline, cette sacré colline pelée et jaune du haut de laquelle on devait voir toute la plaine, cette colline qu'ils devaient prendre aux Yanks. De là-haut, soi-disant, ils pourraient couper la route, et résister aux troupes de Sherman marchant sur Atlanta. On leur avait dit cela…
Une soudaine colère fut au cœur du lieutenant Stark. Qui avait donné cet ordre fou ? Il eût fallu que ce dément fût là, à présent. Arrêter Sherman !
Quelle folie !

2 – Le vent de la colère (Editions de l’Amitié 1973)

Cette 20ème aventure (parue pour la première fois en 1973) constitue chronologiquement le second épisode de la série.
La première édition raconte les aventures de Dan Starken. Mais il s'agit bien de Dylan Stark, et Pierre Pelot rétablit pour l'éditeur Lefrancq en 1997.

Résumé: Dan Starken, pseudonyme transparent de Dylan, destitué mais libéré, débarque avec les Yankees dans les rues de Vulcan, Missouri, alors que la Guerre de Sécession s'achève. Les soldats de l'Union, venus pacifier et organiser l'État, sont des "occupants" donc des intrus.
La haine des Yankees est telle qu'elle peut pousser les habitants à être quelques temps les complices des acolytes de Klem Brûlé, le hors-la-loi cynique et assassin.

3 - La couleur de Dieu (2 PM7-1967)

Désormais, "c'est avec ce fouet que Dylan défendra les plus faibles, et cet accessoire lui devient aussi indispensable que l'était la winchester à canon scié de Joss Randall, le héros interprété par Steve Mac Queen dans Au nom de la loi, la célèbre série télévisée des années 50".

Résumé :De retour au pays natal, à Jaspero, en Arkansas, Dylan ne retrouve que ruines et deuil. Il ne songe d'abord qu'à venger son frère disparu et ses parents dénoncés et tués par des guérilleros, mais il s'interroge bientôt sur la couleur de Dieu. Est-elle blanche ou noire puisqu'on peut empêcher un petit enfant noir de fréquenter l'école ?
Pour "ce petit garçon... aux yeux d'oiseau perdu... cette petite main crispée sur la cuisse de l'homme... ces quelques cahiers serrés sous le bras comme un vrai trésor à défendre", avec l'instituteur Dashiell Manton, Dylan se laisse embarquer corps et âme dans "l'affaire Sodom", celle d'un Noir courageux qui, fort de son bon droit, s'entête à conduire son fils à l'école, au mépris de sa propre vie.

4 - La Horde aux abois (3 PM11-1967)

Résumé:Depuis le site d'Unspeakable Town, caché sous le nom de Kentrie pour retrouver les guérilleros d'El Paso, meurtriers de ses parents, Dylan se fait conduire dans la montagne et atterrit en plein "nid de guêpes", chez ce vieux fou de Matithias Teafield qui fait croire à son fils que la guerre continue. La décision de piller Pineville et le désir de sortir du piège poussent Dylan à faire éclater la vérité et le scandale.

5 - Les loups dans la ville (4 PM20-1967)

Résumé:L'agglomération aux maisons brûlées est aux mains des fédéraux dirigés par Jeroham, un capitaine cruel et stupide. Le docteur ivrogne Fyn avoue qu'il ne peut rien pour Caerog bientôt victime de la cruauté du gradé qui le tue avant de jouer et de perdre sa dernière carte.

De ce temps où dominaient les loups dans la ville, il ne reste au héros que le souvenir des sanglots d'une fille dans la rue, - celle dont la vision a été assez forte pour qu'il chasse les intrus, - et l'image de quatre mottes de terre sur une tombe.

6 - Les loups sur la piste (5 PM21-1967)

Résumé: Les loups, ce sont les soldats devenus hors-la-loi qui faisaient régner la terreur à Siloam dans Loups dans la ville. Aujourd'hui, le cauchemar est terminé, la petite cité respire. Mais il reste une tâche difficile à remplir : escorter les prisonniers jusqu'au tribunal militaire qui les jugera. Cette lourde responsabilité est confiée à Shane, ex-lieutenant des Confédérés, et à Dylan Stark, lui aussi ancien officier.

7 - Les irréductibles (6 MP26-1967)

Résumé:C'est en novembre que Dylan décide l'opération la plus folle et la plus risquée. Par ruse et toujours attaché à sa vengeance, il se fait volontairement enfermer dans le redoutable camp de Mountain Grove. Après l'épreuve de la faim et des rats, il va plus loin, et, pour rejoindre à tout prix les irréductibles d'El Paso, il simule une lamentable évasion..

Quand il a rejoint son ennemi juré, il s'aperçoit que celui-ci dirige un gigantesque projet d'évasion, grâce à un tunnel laborieusement creusé jour après jour dans un terrain peu sûr. A l'heure de la liberté, pour quelques-uns seulement, que deviendra le désir de vengeance ?

8 - Le Hibou sur la porte (7 PM34-1968)

Résumé: Il ramassa le hibou mort, le plaqua sur la porte de l'écurie, tendant une aile. Il cloua. Ensuite, il s'occupa de l'autre aile. Les hommes regardaient l'oiseau mort crucifié. Ils savaient tous qu'un signe semblable est destiné à éloigner le malheur d'une maison ; et pour qu'une chose soit ainsi, il faut d'abord penser que le malheur peut venir...

9 - La marche des bannis (8 PM41-1968)

Résumé: Dylan Stark, le métis, parti chercher un trésor en Géorgie, rencontre des Indiens Cherokees à nouveau expulsés de leur réserve. La voix du sang est la plus forte : Dylan se retrouvera au milieu de ses frères... face aux Blancs... où il côtoiera à nouveau le courage, la lâcheté... Mais pour la première fois, l'amour va naître en son cœur...

10 – Deux hommes sont venus (Journal Tintin Belge 1968 ) puis (10 PM52-1968)

Cette rencontre entre Dylan et Kija est le début d'un compagnonnage assez fort pour durer le temps de huit récits.

Résumé: Sur la route de la Floride où pourrait se cacher le trésor d'El Paso, Dylan rencontre un nouvel ami, Kija, contraint de tuer son cheval alors qu'il rentre en Louisiane. Ensemble, ils entrent dans la ville hostile de Sanwooten, sous la coupe des busards de guerre, avides de bétail et de terre.

11 - 7h20 pour 0pelousas (Journal Tintin Français) 1968+ Lefrancq 1998)

Résumé: Kija et Dylan doivent vendre le troupeau volé par le pillard de guerre avant de quitter Sanwooten. Ils attendent donc le train de 7 h 20 pour Opelousas,

afin de mêler ces bœufs à un autre convoi, sans être pris eux-mêmes pour des voleurs de bétail.

12 – La peau du nègre (9 PM47-1968)

Résumé: La tenancière du saloon d'un village d'Alabama a été tuée. Un Noir s'enfuit et devient le suspect N° 1. Sur cette terre sudiste, seuls les Blancs ont le droit de vivre en paix : alors va s'engager une chasse au Nègre sans merci, à laquelle sera mêlé, involontairement, Dylan Stark, le métis...

13 – L’Homme qui marche (Lefrancq 1998)

Résumé: En suivant les rives de la Tombigbee River, les deux cavaliers prennent dramatiquement connaissance avec la tragédie de l'homme-qui-marche, un vieil Indien parti pour une mauvaise chasse contre les Blancs qui tuent sans jugement...

14 – Quand gronde la rivière (11 PM58-1968)

Résumé:Quand gronde la rivière dangereuse en raison de sa propre furie et surtout de la folie destructrice des hommes, Dylan et Kija embarquent sur le radeau de Rigo-la-Rivière. Marginal sympathique et chaleureux, il est poursuivi par les "honnêtes gens" qui ont en poche le contrat permettant de voler le bois en toute légalité. C'est dans une nouvelle chasse à l'homme dont ils sont le gibier, et sur l'Alabama River, redoutable piège fluvial, que les compagnons sont engagés sans le savoir.

Extrait de la première page:

couverture

Crossing Jubal se demandait si l'âge était en cause. S'il s'agissait de ce ramollissement général dont parlent certains vieux, parfois, et qui lui tombait à présent sur le dos sans qu'il y soit le moins du monde préparé. Quand on se met à penser de pareilles choses, qu'on en arrive à se poser de semblables questions, alors, c'est tout de même le sacré signe que le rouleau se déroule vite, un peu trop vite, tout à coup… Crossing se disait cela. Il se voyait comme la grande misaine, quand le vent mollit. Était-ce l'heure de carguer ?

 Le vieux Crossing Jubal cracha, rageusement. Dans la nuit, sa figure burinée par le vent et les embruns ressemblait à un nœud de filet, crevassée et tordue, usée comme il n'est pas possible. Il avait un nez incroyable, énorme et rouge au milieu de tant de rides et de poils et si lisse !… Un nez digne du tafia de la Jamaïque grandement honoré depuis son premier quart de mousse. Il eut envie de grogner, pour le plaisir, pour ruer dans ces sacrés souvenirs qui lui remontaient quotidiennement à la tête, lui rappelant le temps heureux ou il avait encore ses deux bras. Ces sacrés souvenirs du diable ! Ils choisissaient leur moment !

Le fleuve était calme et lourd, comme une grande coulée d'argent fondu, soigneusement ramassé entre ses rives touffues. Une belle nuit de juin, sans une tache dans l'encre pâle du ciel. Quelque chose de parfait.

Ils étaient sept, remontant précautionneusement la rive droite de la rivière, à pied. Tantôt marchant sur le sable et les cailloux du fleuve au niveau sérieusement réduit par la sécheresse, tantôt s'enfonçant dans la ketmie et les plantes grasses qui dévoraient toute visibilité. Sept…Pernes et Diamond Stan étaient restés au bivouac, à quelques miles en aval, pour garder le train de bois… A peine "le jeune" avait-il exposé son idée, que l'énervement s'était installé au bout des gestes de Crossing Jubal. C'était une idée de fou : le jeune allait trop loin, il ne savait pas s'arrêter. Pourtant, pas un de toute la bande n'avait formulé d'opposition. Au début, tout de suite, Crossing Jubal l'avait trouvé attachant et sympathique, le jeune. Une fichue personnalité ! Il se dégageait de lui une chaleur humaine indiscutable qui attirait les plus réticents. Et puis il avait toujours l'air de se moquer de tout, de la vie comme de la mort, de Dieu comme du diable. Il se promenait en riant sur un méchant filin tendu au-dessus du vide… Un jeune comme celui-là plaisait à Crossing Jubal !

Depuis qu'il n'avait plus la mer, il avait pris le fleuve… Il avait suivi le jeune et sa bande, partageant leur vie, si particulière de glaneurs de bois mort. Un moyen, pour lui, de ne pas rompre totalement avec l'eau… une occasion de revoir la mer une fois l'an, au printemps, quand les gars arrivaient à Mobile pour y vendre le produit de leur ratissage.

15 – Plus loin que les docks (Lefrancq-1998)

L'Est républicain du 5 juin 1968 indique que Pelot "vient d'achever la rédaction et la dactylographie" de ce roman et que ce douzième Dylan Stark (son vingtième roman) sera publié "en fin d'année". Ce texte sera remanié en août 1970, avant de connaître sa première publication… trente ans plus tard… En novembre 1994, rangeant sa bibliothèque, Pelot retrouve le manuscrit inédit qu'il remet à Lefrancq en 1998 : ce dernier le publie en fin de volume, sans respecter la chronologie.

Résumé: Sur les quais de Mobile (Alabama), Dylan et Kija attendent le départ d'un des bateaux pour la Nouvelle-Orléans, bloqués au port depuis huit jours par ordre des troupes d'occupation yankees.
Ils se retrouvent au cœur d'événements racistes, qui tournent à l'émeute. "Est-on soi sans éclaboussures ?"...

16 – Un jour, un ouragan (12 PM63-1968)

Cet épisode, écrit en juin 1968, est publié quelques mois plus tard : le drapeau rouge de la jaquette, et surtout le texte de la 4ème page de couverture, sont sans aucun doute des réminiscences d'une actualité plus immédiate que la Guerre de Sécession... Il est entrecoupé de six textes historiques authentiques (discours, dépositions, ...) tirés d'un ouvrage de Godfrey Hodgson : Carpetbaggers et Ku-Klux-Klan

Résumé: En Louisiane, où Dylan et Kija sont arrivés, un jour, un ouragan éclate, et les deux amis connaissent une fois de plus la violence de ceux qui refusent les droits légitimes des Noirs. A la Nouvelle-Orléans, les démocrates veulent s'opposer au droit de vote des Noirs discuté à l'Assemblée.

17 – Le tombeau de Satan (13 MP69-1969)

Il s'agit du seul roman jamais préfacé par Hergé !

Résumé: Engagés dans les marais de Floride, Dylan et Kija affrontent Wahoo Swamp, le tombeau de Satan. Guidés par le vieux Séminole Coccha, ils s'enfoncent dans un labyrinthe putride, visqueux, infesté d'alligators. Deux anciens du bagne de Mountain Grove sont déjà sur les lieux et les dangers sont multiples : enlisement, crocs des sauriens, îlots infestés de moustiques, armes à feu...

18 – La loi des fauves (14 MP77-1969)

La série ne se vend pas autant que l'éditeur l'aurait souhaité( Pocket Marabout) : il arrête la collection, tout en gardant les ouvrages au catalogue

Résumé: Des trois groupes d'hommes qui se sont lancés à la chasse au trésor, - certains parce qu'ils avaient connu El Paso -, il ne reste que six survivants, enfermés dans la jungle de Floride et livrés à la loi des fauves.

19 – L’Homme des monts déchirés (Journal Tintin 1969-1970 et l’Hydre-1991)

Résumé:Le Nouveau Mexique sera vraiment pour Dylan le pays de la confusion. Pris pour un chasseur de primes, métis comme lui, on lui tire dessus et son arrivée suscite la méfiance. Il se lie néanmoins d'amitié avec un chercheur d'or, le vieux Clyde, l'homme des monts déchirés.

Ce dernier est faussement accusé d'avoir engagé un mercenaire pour tuer Caomett, un puissant propriétaire de ranch.

20 – L’erreur (Journal Tintin 1971 et l’Hydre-1991)

Résumé:Une seconde fois pays de l'erreur, ce territoire du Nouveau Mexique voit Dylan pris pour un tueur destiné à empêcher un témoignage dans un procès. Enfermé dans une chambre d'hôtel et les mains entravées, le métis feint d'entrer dans le jeu afin de comprendre les faits pour, le moment venu, tenter d'agir.

21 – Sierra brûlante (Robert Laffont-1971)

Le titre de travail de ce roman écrit pendant l'été 1970 était : La Chasse. Il fut mentionné en 1988 dans La Bibliothèque idéale (Albin-Michel, coll. La Pochothèque), comme devant faire partie des 49 livres à figurer dans une bibliothèque idéale en rayon "Jeunesse".

Résumé:Un indien Navajo, sa femme et son petit garçon se sont échappés de la réserve où ils étaient parqués avec leurs frères de race. Pour traverser le désert, l'Indien vole des chevaux à un grand propriétaire de la région, qui trouve la mort en cette occasion. Persuadé que le Navajo a tué son père, le jeune Walker organise une chasse à l'homme. A cette chasse participent également deux hommes de Walker, le métis Dylan et le Mexicain Belito. Début d'une extraordinaire aventure aux rebondissements inattendus.

22 – Pour un cheval qui savait rire (Editions de l’Amitié 1982)

couverture

Pour des raisons éditoriales, Pelot a caché Dylan Stark, son héros métis cherokee, sous les traits de Man, le métis hopi dont l'apparence physique ne trompe cependant pas : même "visage brun, taillé rudement comme un éclat de roc", semblables "yeux pâles à demi fermés" chez ce "type solitaire", armé d'un Remington et arrivé par "la piste de Langtry" ! Cet ouvrage était terminé fin 1973 (les deux auteurs l'annonçaient chez Hatier-Rageot "pour la fin de l'année" (L'Alsace, 3 octobre 1973) ou "dans le courant" de 1974 (L'Est républicain, 7 octobre 1973). Il fut oublié pendant neuf ans dans un tiroir par l'éditeur… Il présente pourtant l'originalité de mêler de superbes vignettes de B.D., dues au talent de Claude Auclair, au texte de Pelot sans qu'il y ait redondance, mais bien au contraire, avec une belle complémentarité.

Résumé: A Falaguel, village perdu au fond du Texas, il ne se passe jamais rien. Écrasés par la chaleur, les hommes attendent la nuit pour se distraire et se battre. Et puis un jour, un pari va réveiller le village. Un étalon blanc qui mène une harde de chevaux sauvages a été aperçu dans les sierras qui barrent l'horizon. Cinq hommes décidés à tout vont alors entamer une chasse périlleuse pour capturer le fabuleux cheval blanc.

 

La série a été reprise en partie, en deux forts volumes (16 épisodes sur 22, dont un inédit), par l'éditeur belge Claude Lefrancq en 1997 et 1998.

Si le premier respecte scrupuleusement la chronologie, il n'en est malheureusement pas de même pour le second. Chose incompréhensible, l'éditeur reproduit (p. 278 et p. 383) deux notes des éditions originales signalant que Deux hommes sont venus se situe avant La Peau du Nègre, et il ne publie cependant pas ce texte à sa place légitime… De même, Plus loin que les docks se trouve repoussé en fin de volume, après Un jour, un ouragan qu'il devrait précéder…

On attend toujours le troisième volume, regroupant les six derniers épisodes (avec peut-être encore des pages inédites ?)…

 

Dylan Stark: La Troisième Étoile de la collection marabout.

Le Bulletin des Éditions Marabout de 1969 publie le texte suivant:

Biographies, aventures vécues et romanesques, documentaires, espionnage, romans d'anticipation, westerns, tous les genres ont été abordés et par les collections Junior et Mademoiselle. Le goût prononcé des lecteurs pour le roman d'aventure a donné naissance à la collection à la collection Pocket, laquelle, curieusement, accroche en même temps jeunes et adultes.

Finalement, depuis près de vingt ans que Marabout publie des livres spécialement destinés à la jeunesse (qui doit être sans doute celle du cœur....), une constellation de volumes a pris place dans les bibliothèques, constellation dont se détachent trois étoiles.

Première étoile de la collection : Bob Morane. Plus de dix millions de volumes en circulation. Né il y a à peine quinze ans, ce coureur d'aventures connaît actuellement les faveurs de la bande dessinée, du disque, de la télévision et, bientôt, du cinéma. L'heureux père se porte bien (merci !) et mettra, en 1969, la dernière main à la centième aventure de Bob Morane. Pas d'essoufflement, au contraire : 1968 a vu la création d'une nouvelle série dans la série : Le Cycle du temps, qui fait le bonheur des admirateurs d'Henri Vernes.

La deuxième étoile, c'est Doc Savage qui vous entraîne dans les aventures les plus délicieusement délirantes en l'espace de quelque cent cinquante pages bourrées des rebondissements et des trouvailles d'un des auteurs les plus prolifiques et les plus imaginatifs du monde. Vous allez penser que ces qualificatifs sont peut-être exagérés... Essayez donc de coucher sur papier cent soixante cinq autres récit du même tonneau et cependant très différents ! C'est ce qu'a fait Kenneth Robeson, cette espèce de Féval américain. Actuellement, douze traductions ont été publiées ; il faudra évidemment quelques années pour que toute la série soit traduite... et c'est pourtant ce que nous avons l'intention de faire.

Vingt-quatre ans, vingt romans publiés, un prix littéraire... La troisième étoile de la collection Pocket creuse fermement le sillon de son succès. Lauréat du Prix des Treize 1967, Pierre Pelot est parvenu en très peu de temps à mettre de son côté les amateurs de littérature d'aventure et de littérature tout court. Ceux-ci savent maintenant que ces petits livres aux couleurs de western contiennent bien autre chose que les habituels coups de colt propres au genre, et ce n'est pas pour rien que Hergé a accepté de préfacer Le Tombeau de Satan, une des dernières aventures de Dylan Stark.

Dans les bibliothèques, les étoiles de la collection Pocket brillent de toutes leurs couvertures...

 

Les différents dessinateurs

Hermann

Plusieurs dessins d'Hermann illustrent la quatrième de couverture de La Longue chasse, La Tourmente, Les Croix de feu, La Nuit du diable, quatre romans de Pierre Pelot parus aux éditions Marabout en 1966-67, avant la parution en feuilleton de Deux hommes sont venus dans le magazine Tintin du 29 février au 23 mai 1968.

Dans Tintin toujours, il illustre L'Homme des monts déchirés, paru en treize livraisons entre le 23 octobre 1969 et le 15 janvier 1970, puis L'Erreur, dont les sept épisodes sont publiés du 22 avril au 3 juin 1971.

A l'occasion du lancement de chacune de ces trois aventures de Dylan Stark, Hermann illustre la couverture de Tintin.

Pierre Joubert

couverture

Pierre Joubert, qui collabore étroitement avec les éditions Marabout (il signe plus d'une centaine des 141 couvertures de Bob Morane), réalise la première couverture de Pelot pour La Piste du Dakota en 1966.

Lorsque cet éditeur met en oeuvre sa collection des Compagnons de l'aventure en 1967, c'est tout naturellement à lui qu'il fait appel.

On lui doit en particulier le portrait au trait de Pelot (d'après une photographie), ainsi que celui de Dylan en couleur qu'on trouve décliné en 4ème de couverture.

Il a aussi réalisé la plupart des couvertures de Dylan Stark pour la collection Pocket marabout.

 

Claude Auclair

Claude Auclair a illustré deux volumes de la série Dylan Stark.

Pour un cheval qui savait rire est resté dans les tiroirs de l'éditeur Hatier-Rageot pendant une dizaine d'années... Auteur et illustrateur y travaillaient en octobre 1973 et la publication eut lieu en août 1982.

Curieusement, pour un ouvrage de cette nature (souhaitant réaliser la fusion du texte et de l'image), la couverture est signée par un autre illustrateur :Nicolas Wintz.

Les vingt dessins en noir et blanc (dont le frontispice double et huit pleines pages) de Quand gronde la rivière contrastent avec la couverture et les deux hors-texte en photos couleurs.

Michel Blanc-Dumont

Pour Dylan Stark, il est l'illustrateur de la série publiée par Casterman (L'Ami de poche) de 1980 à 1982, dix volumes pour lesquels il réalise 150 dessins en noir et blanc et dix couvertures en couleur. Aux costumes et aux armes en particulier, il apporte un réalisme minutieux, quasi encyclopédique, qui s'appuie sur une solide documentation ethnographique.

Il signe également les deux couvertures Lefrancq (1997-98).

Les Autres Dessinateurs:

-Philip Collier est l'auteur de la couverture de Sierra brûlante (chez Folio junior, 1980).
-Michel Gay réalise vingt illustrations pour Le Vent de la colère de Pierre Pelot

 

Aventure illustré dans Tintin (roman)

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Parution de trois aventures dans le journal de Tintin.
1010-1022 Roman AS Deux hommes sont venus
1095-1107 Roman AS L’homme des monts déchirés
1173-1179 Roman AS L’erreur

Parution aussi dans Kuifje et le journal de Tintin édition Belge

Lieux des Aventures

Titre

Date

Lieu

1

Quatre hommes pour l'enfer

- Juillet 1864.
- Mars 1865.
- Avril 1865 (Dylan est "libéré régulièrement le 25 avril 1865 des rangs de l'armée confédérée" (Vent, DS2, p. 125).

- Géorgie.
- Caroline du Nord (environs d'Hickory), Watts Bar Lake, Hiawassee River, Knoxville.
- Tennessee (sud).

2

Le Vent de la colère

- Avril 1865.

- Missouri (Vulcan).

A la fin, il veut pousser vers William Springs, puis descendre vers West Plains (Vent, DS2, p. 239).

3

La Couleur de Dieu

- Début août 1865.

- Arkansas (Jasper).

4

La Horde aux abois

- Septembre 1865. 

- Arkansas, à l'extrême nord-ouest (Unspeakable Town, "à plusieurs miles de la piste la plus proche reliant Siloam Spring à Pineville", Horde, DS2, p. 374).

5

Les Loups dans la ville

- Fin septembre – début octobre 1865.

- Arkansas (Siloam).

6

Les Loups sur la piste

- Fin octobre 1865. 

-Arkansas (de Siloam vers Little Rock).

7

Les Irréductibles

- Du 12 novembre au 4 décembre 1865. 

- Missouri (Mountain Grove).

8

Le Hibou sur la porte

- Janvier 1866 (il est là depuis "voici déjà un mois", DS2, p. 28).

- Missouri (Sonoydah Ranch, à une dizaine de miles de Butler, non loin de Kansas City, DS2, p. 36). 

9

La Marche des bannis

- Mars - avril 1866. 

- Oklahoma. Dylan se trouve sur l'Indian Territory, il a quitté Fort Gibson (où il a fait une halte de deux jours) dans le Nord une quinzaine de jours plus tôt (DS2, p. 117).

10

Deux hommes sont venus

- Fin avril 1866.
Rencontre de Hilkija Britton. 

-Louisiane (Sanwooten).

11

7 heures 20 pour Opelousas

- Début mai 1866. 

-Louisiane (Natcheetoches,à quelques jours de marche de Sanwooten, DS2, p. 480). Attendant le train pour Opelousas.

12

La Peau du Nègre

- Fin mai 1866 (Dylan a rencontré Kija à peine un mois avant, dans Deux hommes sont venus : DS2, p. 278). Ils marchent vers la Floride, sans se presser (p. 279).

-Alabama (Saccasshaw, sous le 37° de latitude N, sur la Tombigbee River). 

13

L'Homme-qui-marche

- Juin 1866. 

-Alabama (Tombigbee River).

14

Quand gronde la rivière

- Juin 1866. 

-Alabama (Tombigbee River, vers Mobile). Le fleuve va de Luka à Mobile, par Jackson. Ils arrivent à Yealow sur la Tombigbee, à une dizaine de miles au sud de la courbe brutale qu'entame l'Alabama-River pour couper plein sud, de concert avec l'autre rivière (p. 537), puis au hameau de Liewstone (p. 634).

15

Plus loin que les docks

- Les 3 et 4 juillet 1866.

- Alabama (Mobile). 

16

Un jour, un ouragan

-Du vendredi 27 au lundi 30 juillet 1866.

-Louisiane (Nouvelle-Orléans). 

17

Le Tombeau de Satan

-Août 1866. 

- Floride (Wahoo Swamp, région marécageuse située au nord-ouest de cet État, DS2, p. 307).

18

La Loi des fauves

-Août / septembre 1866. 

- Floride (Marais et Sannactoochee).

19

L'Homme des monts déchirés

- Été 1867.

- Nouveau Mexique (Feadaws Creek).

20

L'Erreur

- Août 1867.

- Nouveau Mexique (Cuervo, Santa Rosa). 

21

Sierra brûlante

- 1867. 

-Nord-est du Nouveau Mexique (Taldico, Chelly Canyon, Fuentes, Jarales sur le Rio Grande, près Albuquerque). Dylan dit marcher vers l'Ouest, la Californie (p. 30-31).

22

Pour un cheval qui savait rire

- Automne 1867. L'hiver est proche (p. 36), et l'histoire se déroule au moins un an après juin 1866 (p. 44). 

- Nouveau Mexique (Texas). A Falaguel, sur les rives de la Pecos, quelques miles avant sa jonction avec le Rio Grande.

L’Auteur

Ppelot

Pierre Pelot , de son vrai nom Pierre Grosdemange, né le 13 novembre 1945 à Saint-Maurice-sur-Moselle dans les Vosges est un écrivain français. Il est extrêmement prolifique, on lui attribue près de 200 titres. Il écrit également sous les pseudonymes de Pierre Suragne et Pierre Carbonari.

De 1960 à 1963 il apprend le dessin par correspondance et se lance dans la bande dessinée, ce qui lui vaudra son premier article de presse en 1963 dans L'Est républicain à propos de sa BD mettant en scène un héros du Far West : Bob Hart.

Fort de cette expérience et ayant appris énormément sur l'histoire des États-Unis il se lance dans un carrière littéraire en adoptant son genre de prédilection : le western. Son premier roman, La Piste du Dakota, paru en 1965 sous la signature de Pierre Pelot, se déroule dans les États-Unis du lendemain de la guerre de Sécession. Il paraît dans la collection Marabout Junior qui publie également les aventures de Bob Morane (d'Henri Vernes). D'autres westerns suivent.

En 1967, Pierre Pelot crée le personnage de Dylan Stark, un métis franco-indien né dans le sud des États-Unis. Le premier roman de la série, Quatre Hommes pour l'Enfer, se déroule pendant la guerre de Sécession, à laquelle le personnage participe du côté sudiste, à contrecœur. Ce roman paraît en 1967 dans la collection Pocket Marabout.

Il reçoit cette même année le Prix des Treize pour La Couleur de Dieu et se marie le 22 décembre.

L'inspiration de Pelot se démarque de celle d'autres romanciers pour la jeunesse par le fait que ses romans se terminent souvent mal et que ses personnages ne sont pas des surhommes (contrairement à Bob Morane, par exemple).

Une autre caractéristique frappante est le verbiage : les descriptions (personnages, lieux) sont longues, parfois bien enlevées, mais peuvent aussi être fastidieuses. Les nombreuses répétitions, et points à la ligne, contribuent à donner cette impression.

Ces caractéristiques se retrouvent dans les romans de science-fiction que Pierre Grosdemange publiera un peu plus tard dans la collection “ anticipation ” chez Fleuve noir, sous le pseudonyme de Pierre Suragne.

Pierre Pelot a également publié des romans contemporains, comme Le Ciel fracassé, paru en 1975, qui met en scène un déserteur, en une époque où le service militaire était encore obligatoire en France.

En 2003, il a publié un roman historique, C'est ainsi que les hommes vivent, qui traite de sa région (les Vosges) au XVIIe siècle. Les critiques sont élogieuses.

En 2006, il reçoit le prix Amerigo Vespucci lors du 17ème Festival international de géographie de Saint-Dié-des-Vosges pour son roman L'Ombre des voyageuses.

 

Quelques Sites a propos de Dylan Stark

-Site officiel de Pierre Pelot
-Diapo de toutes les couvertures
-Site sur les écrivain des vosges.

Ma principal source d’information.

Le couard, c'est celui qui, dans une situation périlleuse, pense avec ses jambes (Ambrose Bierce).

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